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30.06.2007
La politique des langues vivantes dans le système éducatif en Alsace
Intervention sur la convention portant sur la politique régionale des langues vivantes dans le système éducatif en Alsace
Séance plénière du Conseil général du Haut-Rhin du 29 juin 2007
Pour avoir depuis de nombreuses semaines suivi le débat sur le bilan de la convention quadripartite 2000/2006 qui a opposé le Rectorat aux associations de promotion du bilinguisme, je ne peux que constater l’échec relatif de cette convention aussi bien en ce qui concerne l’enseignement extensif que l’enseignement bilingue paritaire.
A l’aune de ce jugement, j’attendais avec intérêt la nouvelle mouture de cette convention pour 2007/2013 en espérant qu’elle corrige les insuffisances constatées, et permette enfin de donner à l’enseignement de notre langue régionale une impulsion décisive qui soit à la hauteur de sa situation critique, que nul ne peut nier, et des enjeux fondamentaux pour nous en termes culturels et économiques.
Au final, après lecture, cette nouvelle convention me laisse une impression mitigée.
Mitigée, car si elle contient quelques éléments nouveaux plutôt positifs, comme un suivi de son application par un comité de pilotage et des groupes de travail (dont sont malheureusement exclus pour le moment les associations de parents d’élèves), la mise en œuvre d’un partenariat fort avec les pays germanophones pour favoriser les échanges d’enseignants et les échanges scolaires, ou encore le développement d’une politique d’information à destination des parents, des élèves et des étudiants, il apparaît, à l’usage, que d’autres principes déjà énoncés dans l’ancienne convention et repris dans la nouvelle ne sont que des exercices de style destinés à enfumer les élus et les parents d’élèves.
Je citerais deux exemples très concrets.
Il y a d’un côté la théorie. La convention proclame « l’égalité des chances à accéder à une formation linguistique de qualité ». C’est très bien ! Mais la réalité est quelque peu différente. A la rentrée 2007/2008, les deux sections bilingues de l’école Aalberg à Sainte-Marie-aux-Mines seront supprimées et remplacées par une classe unique regroupant cinq niveaux d’élèves du CP au CM2. Cinq niveaux dans une seule classe ! Pour la « formation linguistique de qualité » et la réussite scolaire il est difficile de faire pire !
La théorie encore. La continuité de l’enseignement bilingue du collège au lycée serait parait-il assurée. Peut-être, mais dans quelles conditions ? La réalité est là encore différente. A Sainte-Marie-aux-Mines, les cinq élèves bilingues qui passent cette année en seconde (ils seront neuf en 2008 et 13 en 2009) n’ont d’autre choix pour le moment, s’ils veulent poursuivre leur cursus bilingue, que de se rendre au lycée Bartholdi à Colmar. Autant dire que la plupart d’entre eux dans ces conditions risque d’abandonner la filière bilingue, réduisant ainsi à néant l’investissement réalisé par notre collectivité pour leur permettre de s’ouvrir à la langue de nos voisins de la maternelle au collège.
Vous voyez qu’il y a loin de la théorie (la convention) à la réalité. Et la réalité c’est que depuis trois ans, dans notre département, l’Inspection académique multiplie les obstacles à l’ouverture de sites bilingues, et les manœuvres dilatoires destinées à décourager parents et élèves.
Mais bon ! Il n’est probablement pas utile de polémiquer sur cette convention. Encore 15 ou 20 ans et nous n’aurons plus besoin de convention du tout car l’Alsace sera définitivement devenue une région monolingue et monoculturelle.
Pour terminer, une réflexion et une question.
La réflexion : En Alsace personne ne remet en cause le caractère obligatoire de l’enseignement de notre langue nationale, le français. Pourquoi notre langue régionale ne serait-elle pas considérée de la même façon et traitée sur un pied d’égalité ? Et dans cette optique, la solution pour maintenir le caractère bilingue de notre région ne serait-elle pas de rendre obligatoire, de la maternelle à l’université, l’enseignement bilingue paritaire ? La condition préalable étant que les collectivités alsaciennes revendiquent d’une même voix la compétence et la maîtrise de l’enseignement des langues au titre de notre spécificité régionale…
La question : Hier les « grands » élus alsaciens, qui ne manquent jamais une occasion de manifester verbalement leur soutien au bilinguisme, ont déjeuné avec le Président de la République. Le bilinguisme a-t-il figuré au menu de leur conversation et de leurs doléances ?
Commentaire : La réponse à cette question a été donnée par Charles BUTTNER, Président du Conseil général du Haut-Rhin : c’est non.
Par ailleurs, Eric STRAUMANN, Président du Comité Fédéral des Associations
pour la langue et la culture régionales d'Alsace et de Moselle, et nouvellement élu député du Haut-Rhin, n’a pas pris part au débat et a voté en faveur de la convention.
13:30 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : bilinguisme, alsace, éducation





Commentaires
Rien d'étonnant à l'attitude de Straumann. En 2004 il avait déclaré que s'il était élu conseiller général il s'opposerait au Bioscope. Une fois élu, il a voté tous les rapports sur le Bioscope. Maintenant député il fera un bon élu docile et obéissant
Ecrit par : G. Meyer | 03.07.2007
Excellente intervention, Christian, que je mets sur mon blog, si tu le permets. La lâcheté de cette classe politique alsacienne n'a aucune limite. De la graine de collabos. Je pense qu'il serait interessant pour un sociologue ou un historien , ou encore un psychologue de se pencher sur les raisons qui expliquent l'incommensurable lâcheté des élus alsaciens.
Ecrit par : Robert Spieler | 09.07.2007
Content de retrouver mon "jeune" camarade Christian CHATON grâce au Web. Encore plus heureux de le savoir Conseiller général, ce qui démontre que seul paie en définitive un travail de terrain de longue haleine...
Pour ma part, après l' expérience MNR, je suis resté un peu en retrait avant de retourner au FN, faute d' autre organisation "sérieuse" en Basse Normandie où j' ai terminé ma carrière professionnelle à L' AIGLE ( 61). Bien amicalement, Daniel
Ecrit par : Daniel REICHERT | 29.10.2007
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