07.05.2009

Le double échec de l'élection européenne

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A J - 4 semaines de l'élection européenne du 7 juin bien malin qui pourrait discerner dans les conversations de nos concitoyens le moindre intérêt pour le scrutin européen.

Il faut dire que les Français ne peuvent être tenus entièrement pour responsables de ce désintérêt. Le contexte général de crise financière, économique et sociale ne joue pas en faveur d'une mobilisation de l'électorat pour une élection qui d'ordinaire bat déjà régulièrement des records d'abstention.

L'attitude de la classe politique hexagonale, plus occupée à polémiquer sur les dernières excuses de Ségolène Royal ou sur l'avenir politique de Rachida Dati, que d'argumenter sur les enjeux de la construction européenne, ne devrait pas non plus pousser les électeurs vers l'isoloir.

Si on ajoute à ces handicaps la tare congénitale de la vie politique française qui est d'être exclusivement organisée autout du seul enjeu qui vaille aux yeux des partis politiques et des médias nationaux, à savoir l'élection présidentielle, on peut presque à coup sûr prédire un nouveau record d'abstention le 7 juin prochain.

Une fois de plus l'élection européenne n'aura été qu' un prétexte (au moins pour ceux qui se rendront aux urnes) pour exprimer son soutien, ou sa défiance, à l'égard de la politique du gouvernement et de la personnalité du Président de la République.

Et pendant ce temps la perspective de voir un jour Strasbourg privée de son titre de capitale européenne et de siège du Parlement européen se rapproche à grands pas dans l'indifférence générale. Eurodéputés et gouvernement français semblent s'être déjà résignés à ce déclassement et seraient prêts à accepter en contrepartie que Strasbourg devienne la capitale de l'Europe de la défense. Une bien maigre consolation quand on connait les difficultés à faire émerger une politique de défense commune et l'alignement maladif des Européens sur les Etats-Unis qui a connu une nouvelle illustration avec le retour de la France dans le commandement militaire intégré de l'OTAN.

Cette élection sera donc un double échec. D'abord pour l'Europe elle-même dont le Parlement souffrira d'un manque de légitimité démocratique en raison de la faiblesse de sa représentativité liée à une abstention record prévisible. Ensuite pour Strasbourg  qui sera dépouillée de son statut de capitale européenne dès l'élection passée.

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20.07.2008

Strasbourg déclassée

parlement européen façade.jpgLa France assure la présidence tournante de l'Union Européenne pour six mois depuis le 01 juillet 2008.

Durant cette présidence française quatre Conseils des Ministres européens ont été programmés qui se dérouleront à Paris, Marseille, Brest et Avignon.

Et Strasbourg me direz-vous? Car après tout la capitale de l'Alsace est également avec Bruxelles un des deux sièges du Parlement Européen, mais aussi le siège du Conseil de l'Europe et de la Cour Européenne des Droits de l'homme, ainsi que la deuxième ville diplomatique de France accueillant 75 représentations diplomatiques et consulats.

Autant d'arguments qui logiquement auraient dû faire de Strasbourg - dont le statut de capitale européenne est régulièrement remis en cause - plus encore que le simple lieu d'un Conseil des Ministres européens, la véritable plaque tournante de la présidence française.

Visiblement Nicolas Sarkozy et son gouvernement n'ont guère été sensibles à ce genre d'arguments.

Mais pourquoi se gêneraient-ils? L'Alsace est probablement la région de France dont les élus sont les plus dociles envers le pouvoir central. Je n'ai guère entendu que le Maire socialiste de Strasbourg Roland Ries protester contre la mise à l'écart de sa ville. Nulle mobilisation de nos nombreux députés et sénateurs alsaciens UMP en faveur de Strasbourg!

Et dire que l'Alsace a voté Sarkozy à 65% au second tour de l'élection présidentielle! On ne peut pas dire que nous soyons bien payés en retour...

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